Une attention qui papillonne, une énergie qui cherche sa juste place : peut-être vous reconnaissez-vous un peu dans ces mots, je me trompe ? Ce questionnaire vous aide à faire le point, sans réduire la personne à ses symptômes. Il reprend les 18 questions de l'ASRS v1.1, la liste des symptômes du TDAH de l'adulte développée avec l'OMS (Kessler et al., 2005), dans sa version française. Les 6 questions de la partie A servent de repère de dépistage ; les 12 de la partie B complètent le portrait. Il s'adresse aux personnes de 18 ans et plus et prend moins de 5 minutes. Ce test n'est pas un diagnostic : c'est un premier repère, pour savoir s'il est utile d'en parler à un médecin. Vos réponses restent sur votre appareil : elles ne sont ni enregistrées ni envoyées. Parce que derrière chaque score, il y a une histoire à écouter.
Le questionnaire
Répondez aux questions suivantes en vous auto-évaluant sur chacun des critères à l'aide de l'échelle. Pour répondre aux questions, cochez la case qui décrit le mieux vos sentiments ou vos comportements au cours des six derniers mois. Rendez ensuite le questionnaire entièrement rempli au professionnel de santé qui vous l'a remis, avec lequel vous pourrez en discuter.
Le calcul est fait pour vous ci-dessus ; voici la consigne d'origine. Cotation de la partie A : si au moins quatre croix apparaissent dans la zone ombrée de la partie A, les symptômes sont très évocateurs d'un TDAH, ce qui recommande une évaluation plus poussée. Partie B : les réponses apportent des éléments additionnels et peuvent donner des indices sur les symptômes ; aucun score total ni aucune probabilité diagnostique n'est attaché à ces 12 questions. Les 6 questions de la partie A sont les plus prédictives et servent d'outil de dépistage. (Consigne d'origine du questionnaire.)
Et l'histoire de vie, compte-t-elle aussi ?
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement, en grande partie héréditaire. Mais l'histoire compte aussi. L'insécurité de l'attachement s'observe dès la première année : certains bébés évitent leur parent, d'autres s'y agrippent (Ainsworth et al., 1978), d'autres font les deux à la fois, sans trouver d'apaisement. C'est l'attachement désorganisé (Main et Solomon, 1990).
L'attachement désorganisé est associé à davantage de difficultés d'attention (Pallini et al., 2019 ; Cavicchioli et al., 2023), et les carences précoces laissent une empreinte sur le cortex préfrontal, qui règle l'attention et les émotions (McLaughlin et al., 2019). Anxiété, blessures anciennes et TDAH peuvent se ressembler et coexister : seul un bilan permet de démêler l'histoire.
Quand un parent a lui-même un TDAH
Le TDAH est souvent familial : beaucoup de parents découvrent le leur en accompagnant leur enfant. Peut-être est-ce votre cas ? Les études montrent d'abord la force de la chaleur : la sensibilité d'un parent accompagne une évolution plus favorable chez l'enfant (Claussen et al., 2024), et la guidance parentale améliore nettement la relation et le comportement (Daley et al., 2014).
Quand on a soi-même un TDAH, rester calme face aux émotions fortes de l'enfant peut demander plus d'énergie. C'est une question de ressources, pas d'amour, et ces ressources peuvent être soutenues (Park et al., 2017 ; Mazursky-Horowitz et al., 2015). Prendre soin de son propre TDAH, c'est aussi prendre soin de son enfant : les chercheurs proposent de soigner aussi le TDAH du parent, pour que la guidance aide pleinement l'enfant (Sonuga-Barke et al., 2002) ; une première étude montre que cette aide améliore la régulation des émotions de la mère (Chronis-Tuscano et al., 2020).
Dans mon cabinet, je travaille d'abord la relation à soi-même, aux autres et au monde, pour qu'elle devienne plus connectée et plus douce. Les symptômes du TDAH évoluent au fil des années, avec des hauts et des bas (Sibley et al., 2022) : une relation chaleureuse ne les efface pas, mais elle aide l'enfant à les traverser.
Et avant 18 ans ?
Ce questionnaire est conçu pour les adultes. Chez l'enfant et l'adolescent, le diagnostic se pose avec la famille et l'école : les parents et les enseignants remplissent des questionnaires, et c'est un médecin formé qui conclut, pédiatre, pédopsychiatre ou neuropédiatre (HAS, 2024).
Vous avez moins de 18 ans et vous vous posez la question ? Peut-être pouvez-vous en parler à vos parents et à votre médecin : c'est le premier pas. Si ce n'est pas possible, un autre adulte de confiance peut vous accompagner : un proche, l'infirmière scolaire. Pour les parents, la page « TDAH, enfants et adolescents » présente l'accompagnement : l'enfant y est accueilli avec sa famille.
Que faire concrètement ?
- Consulter un médecin formé au TDAH de l'adulte (psychiatre, neurologue) : c'est lui qui pose le diagnostic. Un bilan neuropsychologique peut le compléter.
- Vous faire accompagner par un thérapeute : il ne pose pas de diagnostic, il vous accompagne pour chercher vos ressources et votre rythme.
- Reconnaître ce qui peut accompagner le TDAH, comme l'anxiété ou la surcharge, et regarder aussi ce qui peut parfois s'y mêler, comme un stress post-traumatique ou une dépendance affective.
- Mettre en place un accompagnement personnalisé : psychoéducation, régulation des émotions, aménagements au travail ou en famille.
- En couple, apprendre à vivre à deux avec un TDAH, ou plutôt à trois, car le TDAH prend sa place dans le couple : c'est une technique très particulière, avec des règles adaptées, qui s'apprennent.
- Ritualiser votre quotidien : des repères explicites, des routines apaisantes, des espaces de régulation.
- Valoriser vos forces : peut-être la créativité, l'intuition, l'énergie, la capacité à penser autrement.
Le TDAH n'est ni une faute ni une fatalité. Peut-être cherchez-vous surtout un rythme et un cadre qui vous ressemblent, je me trompe ? Vous seul(e) pouvez le dire.
« Ce que vous appelez trouble peut être une forme de sagesse qui cherche son langage. »
— Sandrine de Monsabert
Un test ouvre une question. On peut en parler.
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Réserver mon échange offert · 15 minRéserver directement une séancePour aller plus loin : Test d'acceptation de soi : où en est votre autocompassion ? · Test GAD-7 de l'anxiété · TDAH, enfants et adolescents
Questionnaire : Adult ADHD Self-Report Scale v1.1, liste des symptômes en 18 questions (ASRS-V1.1 Symptom Checklist), version française (traduction de Hervé Caci et Franck J. Bayle pour l'Organisation mondiale de la santé), reproduite sans modification du texte des questions, avec sa cotation d'origine. © Organisation mondiale de la santé 2007, tous droits réservés ; d'après le Composite International Diagnostic Interview © 2001 OMS ; © New York University and Ronald C. Kessler, PhD. Kessler, R. C., et al. (2005), Psychological Medicine, 35(2), 245-256. Validation française : Caci, H., Didier, C., et Wynchank, D. (2024), L'Encéphale, 50(1), 68-74, doi.org/10.1016/j.encep.2022.11.007. Ce site n'est affilié ni à l'OMS, ni à Harvard, ni à New York University. Ce questionnaire n'est pas un diagnostic. Vos réponses et votre résultat restent sur votre appareil : ils ne sont ni enregistrés ni envoyés.
Références
- Ainsworth, M. D. S., Blehar, M. C., Waters, E., et Wall, S. (1978). Patterns of attachment: A psychological study of the Strange Situation. Hillsdale (NJ) : Erlbaum
- Main, M., et Solomon, J. (1990). Procedures for identifying infants as disorganized/disoriented during the Ainsworth Strange Situation. Dans Greenberg, Cicchetti et Cummings (dir.), Attachment in the preschool years: Theory, research, and intervention (p. 121-160). University of Chicago Press
- Pallini, S., et al. (2019). Attachment and attention problems: a meta-analysis. Clinical Psychology Review, 74, 101772. doi.org/10.1016/j.cpr.2019.101772
- Cavicchioli, M., et al. (2023). The role of attachment styles in attention-deficit hyperactivity disorder: a meta-analytic review. European Journal of Developmental Psychology. doi.org/10.1080/17405629.2022.2069095
- McLaughlin, K. A., et al. (2019). Childhood adversity and neural development: a systematic review. Annual Review of Developmental Psychology. doi.org/10.1146/annurev-devpsych-121318-084950
- Claussen, A. H., et al. (2024). All in the family? Parenting and family environment as risk factors for ADHD. Prevention Science. doi.org/10.1007/s11121-022-01358-4
- Daley, D., et al. (2014). Behavioral interventions in ADHD: a meta-analysis of randomized controlled trials. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. doi.org/10.1016/j.jaac.2014.05.013
- Park, J. L., et al. (2017). Parental ADHD symptoms and parenting behaviors: a meta-analytic review. Clinical Psychology Review. doi.org/10.1016/j.cpr.2017.05.003
- Mazursky-Horowitz, H., et al. (2015). Maternal emotion regulation mediates the association between adult ADHD symptoms and parenting. Journal of Abnormal Child Psychology. doi.org/10.1007/s10802-014-9894-5
- Sonuga-Barke, E. J. S., et al. (2002). Does maternal ADHD reduce the effectiveness of parent training for preschool children's ADHD? Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. doi.org/10.1097/00004583-200206000-00009
- Chronis-Tuscano, A., et al. (2020). Acute effects of parent stimulant medication versus behavioral parent training on mothers' ADHD, parenting behavior, and at-risk children. Journal of Clinical Psychiatry. doi.org/10.4088/JCP.19m13173
- Sibley, M. H., et al. (2022). Variable patterns of remission from ADHD in the Multimodal Treatment Study of ADHD. American Journal of Psychiatry. doi.org/10.1176/appi.ajp.2021.21010032
- Haute Autorité de santé (2024). TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents. Recommandation de bonne pratique. has-sante.fr
- Kessler, R. C., et al. (2005). The World Health Organization Adult ADHD Self-Report Scale (ASRS): a short screening scale for use in the general population. Psychological Medicine, 35(2), 245-256. doi.org/10.1017/S0033291704002892

