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Le conte du Renard et des étoiles filantes

▪️article publié dans Qu'est-ce que la thérapie INTEGRIA© ?

Prendre soin

Entendre n’est pas savoir, savoir n’est pas comprendre, comprendre n’est pas changer.
Quand en séance, nous découvrons dans le merveilleux dysfonctionnement fonctionnel d’un patient, une carte du monde qui lui donne les clefs du monde au travers d’une croyance limitante, les chemins pour l’en détourner offrent de grandes résistances: le patient tient à son syndrome! c’est lui qui l’a tenu en sécurité jusqu’à présent.

Changer

Pourtant le patient veut changer, il le demande, il souffre dans son corps des effets secondaires dus aux stratégies qu’il applique pour survivre dans son monde impressionniste aux impressions limitantes.

Alors on explore les croyances on recadre, on découvre des leçons de vie dans les sagesses du monde et qui veulent bien éclairer de nouveaux chemin.

On en parle en séance, notre équipe INTEGRIA rédige des cahiers de leçons de vie qui collectent tout ce qui a été dit en séance. Le patient les lit.
Il est courageux car ces cahiers sont étoffés. On les soigne nos patients!  S’il comprend, souvent ça reste au niveau des idées.

Je me suis demandé comment faire pour que ça descende au coeur d’une nouvelle compréhension et d’une nouvelle expérience du monde.

Inspirée par les théories métaphoriques utilisées en psychothérapie (IFS, Moi peau, objets flottants systémiques)  j’ai inventé les contes ouverts thérapeutiques.

Quand j’y ai mis tout mon art de conteuse et de psychanalyste, je me suis aperçu que le modèle n’était pas très éloigné de celui du conte du Petit Prince, de sa rose et de son ami apprivoisé Renard.

Quand le patient lit le conte à ses enfants, il leur parle de ce qu’ils connaissent : pour eux les croyances limitantes inconscientes des parents leurs sont bien connues. En dialoguant autour du texte du conte, le parent doit expliquer à l’enfant les enjeux de la rénégociation des compréhensions de ce qui règle le monde.

Les patients m’ont témoigné plusieurs fois que les leçons de vie étaient comprises dans la lecture des leçons et

Découvrez ci dessous le conte que j’ai

 

  • Le Conte

Entre les montagnes qui touchent les nuages et les prairies qui ondulent sous le vent, dans un temps où les animaux gardaient encore leurs secrets anciens, vivait un jeune renard nommé Silas.

Silas avait un pelage roux comme les feuilles d’automne, avec le bout de la queue blanc comme la première neige. Mais ce qui le distinguait vraiment, c’était sa façon de collectionner. Silas collectionnait tout : les plus belles plumes, les pierres les plus brillantes, les graines les plus rares, les coquilles en spirale parfaite. Son terrier débordait de trésors. Chaque matin, avant même que le soleil ne réchauffe la rosée, Silas partait en quête. Il fouillait, cherchait, trouvait, accumulait. Ses épaules étaient toujours tendues, son regard toujours en mouvement, cherchant la prochaine merveille à ajouter à sa collection. Les autres animaux le voyaient passer, chargé de ses trouvailles, et certains admiraient sa détermination tandis que d’autres secouaient la tête. Silas ne s’arrêtait jamais. Même quand ses pattes tremblaient de fatigue, même quand son dos lui faisait mal sous le poids de ses trésors, il continuait. « Encore une plume, encore une pierre, » se disait-il. « Quand j’aurai assez, alors je pourrai être heureux. »

Un soir où les premières étoiles apparaissaient dans le ciel violet, Silas traînait un sac particulièrement lourd. Il avait trouvé trois géodes magnifiques, mais elles étaient si lourdes qu’il devait s’arrêter tous les dix pas pour reprendre son souffle. L’air sentait la lavande sauvage et la terre encore tiède du jour. Les grillons commençaient leur concert du soir.

Au détour d’un bosquet de genévriers, il découvrit quelque chose d’extraordinaire : un jardin. Mais pas n’importe quel jardin. Les plantes semblaient luire doucement dans la pénombre, certaines bleues comme l’eau profonde, d’autres dorées comme le miel. Au centre du jardin, assise sur un vieux tronc moussu, se tenait une renarde aux poils argentés. Elle était très vieille, ses yeux étaient presque blancs de sagesse, et elle tenait dans ses pattes une unique graine qui brillait comme une étoile.

« Bonsoir, jeune collectionneur, » dit la vieille renarde qu’on appelait Céleste. Sa voix était douce comme le vent dans les feuilles.

Céleste observa le jeune renard et son lourd fardeau. Cette accumulation… D’où venait ce besoin ? Était-ce la peur de manquer ? Ou la croyance qu’il fallait posséder pour exister ? Elle avait connu tant de collectionneurs dans sa longue vie. Certains collectionnaient les objets, d’autres les expériences, d’autres encore les compliments. Mais pourquoi ? Elle regarda la graine dans sa patte. Cette graine unique contenait un arbre entier. Un seul arbre qui donnerait des milliers de graines. L’abondance n’était pas dans l’accumulation mais dans le potentiel. Elle se souvint de sa propre jeunesse, quand elle voulait cultiver tous les types de plantes. Son jardin était devenu si dense qu’aucune plante n’avait assez de place pour vraiment pousser. C’est le jour où elle avait tout arraché sauf quelques espèces choisies que son jardin était devenu magnifique. Moins, mais mieux. Ce jeune renard portait ses trésors comme une carapace. Que protégeait-il ? Ou de quoi se protégeait-il ?

« Comment faites-vous briller vos plantes ? » demanda Silas, déjà en train de calculer comment il pourrait ajouter des plantes lumineuses à sa collection.

« Je ne les fais pas briller, » répondit Céleste. « Elles brillent d’elles-mêmes quand elles ont exactement ce dont elles ont besoin. Ni plus, ni moins. »

« Mais vous devez leur donner quelque chose de spécial ! Un engrais rare ? Une eau magique ? »

Céleste sourit. « Viens, je vais te montrer mon secret. »

Elle le conduisit vers une partie du jardin où poussaient trois rosiers. Le premier était énorme, couvert de centaines de roses, mais les fleurs étaient petites et pâles. Le deuxième était de taille moyenne avec une dizaine de roses, grandes et parfumées. Le troisième n’avait que trois roses, mais elles étaient si belles qu’elles semblaient irréelles, lumineuses de l’intérieur.

« Le premier rosier, je lui donne tout : eau, engrais, attention, tous les jours. Le deuxième, je lui donne ce qu’il me demande. Le troisième, je lui donne juste ce qu’il faut. »

« Mais le troisième a moins de roses ! » protesta Silas.

« Peut-être qu’avoir cent roses médiocres vaut moins que trois roses parfaites ? Ou peut-être que la perfection n’est pas dans le nombre mais dans l’essence qu’on exprime ? : sens comme elles sentet divinement bon ! »

« L’abondance ne vient pas de l’accumulation mais de la reconnaissance de ce qui est déjà suffisant. Quand on accumule par peur de manquer, on crée le manque. Quand on apprécie ce qu’on a, on découvre qu’on a déjà tout. (Source : Psychologie de la gratitude – Robert Emmons) »

renard et les étoiles filantes
  • Première découverte : La Chambre des Merveilles Oubliées

Le lendemain, Silas revint au jardin. Le soleil du matin faisait danser des arcs-en-ciel dans les gouttes de rosée. L’air était frais et sentait la menthe sauvage. Les abeilles bourdonnaient déjà autour des fleurs luminescentes.

« Céleste, » dit Silas en posant un nouveau sac de trouvailles, « j’ai réfléchi toute la nuit. Mais si j’arrête de collectionner, je n’aurai plus rien de spécial. Les autres renards ont des talents : courir vite, chanter bien, être malins. Moi, je collecte. C’est tout ce que j’ai. »

Céleste regarda le jeune renard. Cette croyance qu’il fallait faire quelque chose de spécial pour mériter d’exister… Combien d’êtres portaient ce fardeau ? Elle se souvint d’un écureuil qui stockait des noix jusqu’à en oublier où il les avait cachées. Il avait tellement peur de l’hiver qu’il passait tout l’été à se préparer et n’avait jamais vu la beauté de l’automne. Un jour, un orage avait détruit toutes ses cachettes. Il avait cru mourir. Mais les autres écureuils avaient partagé. Il avait découvert qu’il n’avait jamais eu besoin de tant de noix. Juste assez. Et le temps qu’il avait gagné, il l’avait passé à jouer avec ses petits. Ses petits se souvenaient des jeux, pas du nombre de noix. Céleste caressa une feuille lumineuse. Peut-être que ce renard devait d’abord voir ce qu’il avait déjà oublié.

« Suis-moi, » dit Céleste.

Elle le mena vers une petite grotte derrière une cascade. L’eau chantait en tombant, créant un rideau de perles liquides. À l’intérieur, des centaines d’objets étaient posés sur des étagères de pierre.

« C’était ma collection, » dit Céleste. « J’ai passé vingt ans à accumuler. Regarde. »

Silas s’approcha, émerveillé. Puis il remarqua quelque chose d’étrange : tous les objets étaient couverts de poussière.

« Quand les avez-vous regardés pour la dernière fois ? »

« Je ne sais plus. Peut-être cinq ans ? Dix ans ? J’étais si occupée à chercher de nouvelles choses que je n’avais plus le temps de profiter de celles que j’avais. »

« Ou peut-être que chercher était plus excitant qu’avoir ? » murmura Silas.

« Peut-être. Ou peut-être que j’avais peur que si j’arrêtais de chercher, je découvrirais que tout ça ne me rendait pas plus heureuse. »

« Notre cerveau est programmé pour la recherche, pas pour la satisfaction. La dopamine monte quand on cherche, pas quand on trouve. C’est pourquoi l’accumulation ne rassasie jamais. La vraie satisfaction vient de la sérotonine, qu’on produit en appréciant ce qu’on a déjà. (Source : Neurosciences affectives – Antonio Damasio) »

Silas toucha une plume bleue magnifique. « Elle est belle. »

« Oui. Mais sais-tu ce qui est plus beau ? L’oiseau qui la portait et qui volait libre dans le ciel. »

  • Deuxième découverte : Le Miroir d’Eau

Trois jours plus tard, Silas revint, mais cette fois avec un sac plus petit. Il avait essayé de moins collecter, mais c’était difficile. Chaque fois qu’il voyait quelque chose de beau, son cœur s’accélérait et il devait le prendre.

Céleste l’attendait près d’un bassin parfaitement calme. L’eau était si claire qu’on voyait le fond tapissé de galets blancs. Des libellules bleues dansaient à la surface.

« Regarde dans l’eau, » dit Céleste. « Que vois-tu ? »

« Mon reflet. »

« Et qu’est-ce qu’il porte, ton reflet ? »

« Rien. Juste… moi. »

Céleste observa le jeune renard découvrir son visage sans ses trésors. Qui était-il sans ses possessions ? Cette question terrifiait tant d’êtres. Elle se rappela le jour où elle avait tout perdu dans un incendie de forêt. Ses collections, ses plantes, tout. Elle avait cru disparaître avec. Mais le lendemain, un papillon s’était posé sur son museau. Elle était toujours là. Le papillon la reconnaissait, non pour ce qu’elle avait, mais pour ce qu’elle était. Une présence. Une bonté. Un abri possible. Elle avait pleuré de soulagement. Elle existait, même les pattes vides. Mieux : elle existait davantage, car elle avait de la place en elle pour accueillir le nouveau. Ce renard devait-il tout perdre pour comprendre ? Ou pouvait-il l’apprendre doucement ?

« Maintenant, ajoute une pierre dans l’eau. »

Silas lança un galet. Des rides concentriques troublèrent la surface.

« Ton reflet est brisé. Ajoute une autre pierre. »

Il continua jusqu’à ce que l’eau soit si agitée qu’on ne voyait plus rien.

« C’est ça, l’accumulation, » dit Céleste. « Plus tu ajoutes, moins tu te vois. »

« Mais sans mes trésors, je suis qui ? »

« Peut-être que tu es Silas ? Juste Silas ? Et peut-être que Silas sans rien est déjà assez intéressant ? »

« L’identité basée sur l’avoir est fragile car on peut toujours perdre ce qu’on a. L’identité basée sur l’être est solide car on ne peut pas perdre ce qu’on est. (Source : Psychologie existentielle – Irvin Yalom) »

Silas regarda l’eau s’apaiser lentement. Son reflet réapparut, clair, simple. Un jeune renard aux yeux curieux.

« J’ai l’air… normal, » dit-il, un peu déçu.

« Tu as l’air d’avoir exactement l’air que tu dois avoir. Ni plus, ni moins. Et c’est parfait. »

  • Troisième découverte : La Graine Unique

Une semaine passa. Silas avait fait un effort énorme : il n’avait collecté qu’une chose par jour au lieu de vingt. C’était un début.

Il trouva Céleste en train de planter une unique graine dans un pot de terre.

« Une seule graine ? » s’étonna Silas. « Pourquoi pas planter tout un champ ? »

Céleste tassa doucement la terre autour de la graine. Cette unique graine… Elle contenait un univers. Un arbre entier, qui donnerait des fruits, qui donneraient des graines, qui donneraient des arbres. L’infini dans l’unique. Mais fallait-il de la patience pour le voir. Ce renard avait-il cette patience ? Elle se souvint d’une souris qui plantait cent graines par jour, courant partout pour les arroser. Aucune n’avait vraiment poussé. Trop de graines, pas assez de soin pour chacune. Un jour, elle n’en avait planté qu’une, par épuisement. Cette graine unique avait reçu toute son attention. L’arbre qui avait poussé nourrissait encore aujourd’hui toute la clairière. Céleste sourit. Parfois, il faut choisir. Non pas par privation, mais par concentration. Comme un rayon de soleil à travers une loupe : c’est la concentration qui crée la puissance.

« Cette graine, » dit Céleste, « c’est une graine d’arbre-étoile. Il lui faudra dix ans pour pousser. Mais quand il fleurira, ses fleurs brilleront comme des étoiles filantes. »

« Dix ans ! Mais vous pourriez avoir dix arbres si vous plantiez dix graines ! »

« Et je devrais diviser mon attention par dix. Mon eau par dix. Mon amour par dix. Cet arbre unique recevra tout. Il sera magnifique. »

« Ou peut-être qu’il mourra et vous n’aurez rien, » dit Silas, anxieux.

« Peut-être. Ou peut-être qu’en mettant tout mon soin dans un seul arbre, je lui donne les meilleures chances de devenir extraordinaire. »

« La qualité émerge de l’attention concentrée, pas de la multiplication. Ce qu’on appelle ‘l’effet de dilution’ : plus on divise notre attention, moins chaque chose reçoit de soin, moins elle peut s’épanouir. (Source : Psychologie de l’attention – Mihaly Csikszentmihalyi) »

Silas regarda la petite motte de terre où dormait la graine.

« Et si vous la perdez ? »

« Alors j’aurai eu la joie de m’en occuper. Le processus compte autant que le résultat. »

objets symbolique du renard et des étoiles
  • L’échange

Céleste fouilla dans une petite bourse qu’elle portait autour du cou et en sortit une graine. Elle était petite, brune, ordinaire. Rien de spécial en apparence.

« Tiens, » dit-elle à Silas. « C’est une graine de fleur-suffisante. »

« Fleur-suffisante ? C’est quoi ? »

« Je ne sais pas exactement. Elle pousse différemment pour chaque jardinier. Mais elle a une particularité : elle ne pousse que si tu ne plantes qu’elle. Si tu plantes d’autres graines à côté, elle ne germera pas. »

Silas prit la graine. Elle était légère, presque rien. « Et qu’est-ce que je vous donne en échange ? »

Céleste réfléchit. « Montre-moi ta plus belle trouvaille. »

Silas fouilla dans son sac et sortit une plume d’aigle dorée, parfaite, sans une cassure.

« Elle est magnifique, » dit Céleste.

« C’est ma préférée. Je la garde depuis deux ans. »

« Alors lâche-la. »

« Quoi ? »

« Lâche-la dans le vent. Maintenant. »

Silas hésita. Puis il ouvrit sa patte. Le vent prit la plume qui s’éleva, tournoya, dansa, puis disparut au-dessus des arbres.

« Comment tu te sens ? » demanda Céleste.

« Vide. Mais… aussi un peu léger ? »

« Tu viens de me donner quelque chose de précieux : tu m’as montré qu’on peut lâcher ce qu’on aime et survivre. Je l’avais oublié. Merci. »

Ils se touchèrent le museau. Ni maîtresse ni élève. Deux êtres qui avaient échangé des sagesses.

  • Le retour

Silas rentra chez lui au crépuscule. Le ciel était orange et rose, strié de nuages violets. Il tenait sa graine dans sa patte droite.

En arrivant à son terrier, il regarda tous ses trésors entassés. Soudain, ils lui parurent lourds. Non pas physiquement, mais… autrement. Comme s’ils prenaient de la place dans sa tête, dans son cœur.

Il prit une profonde inspiration et commença à trier. Une plume sur dix, il la gardait. Les autres, il les posa dehors pour que le vent les emporte où elles voulaient. Une pierre sur dix, il la gardait. Les autres, il les remit dans la rivière.

Ses voisins passèrent, étonnés. « Silas ! Tu jettes tes trésors ? »

« Je ne les jette pas. Je leur rends leur liberté. Et je me rends la mienne. »

La nuit tomba. Son terrier était maintenant presque vide. Juste quelques objets vraiment précieux. Et au centre, dans un petit pot de terre qu’il avait gardé, il planta sa graine de fleur-suffisante.

« Je ne sais pas ce que tu deviendras, » dit-il à la graine. « Mais tu auras toute mon attention. Toute mon eau. Tout mon soin. Tu seras ma seule collection : une fleur qui pousse. »

Au matin, rien n’avait encore poussé. Mais Silas se sentait étrangement heureux. Pour la première fois depuis longtemps, il n’avait pas envie de partir chercher. Il avait envie de rester là, de regarder la terre, d’attendre.

Son frère passa. « Tu ne pars pas en quête aujourd’hui ? »

« Non. J’ai déjà tout ce qu’il faut. »

« Mais tu n’as presque plus rien ! »

Silas sourit. « J’ai exactement assez. Une graine à regarder pousser. Quelques beaux souvenirs. Un terrier tranquille. Moi. »

L’envie de collecter reviendrait, il le savait. L’anxiété du vide aussi. Mais il avait sa graine, et la promesse d’une fleur qui serait exactement suffisante.

Et c’était suffisant. Ou peut-être plus que suffisant.

  • ATELIER : EXPLORER LE CONTE AVEC TOI

À lire avec tes parents, ou à explorer seule…

  • LES VÉRITÉS DU JARDIN DES ÉTOILES

Voici les grandes vérités que Céleste a partagées avec Silas :

  1. « L’abondance ne vient pas de l’accumulation mais de la reconnaissance de ce qui est déjà suffisant. »
    (Psychologie de la gratitude – Robert Emmons)
    Quand on veut toujours plus, on ne voit plus ce qu’on a déjà. C’est comme avoir un coffre plein de jouets mais continuer à en vouloir d’autres : on n’a plus le temps de jouer avec ceux qu’on a !
  2. « Notre cerveau est programmé pour la recherche, pas pour la satisfaction. »
    (Neurosciences affectives – Antonio Damasio)
    Notre cerveau adore chercher des choses nouvelles. C’est plus excitant de chercher que d’avoir ! C’est pour ça qu’on veut toujours le prochain truc, puis le suivant, puis encore un autre…
  3. « L’identité basée sur l’avoir est fragile. L’identité basée sur l’être est solide. »
    (Psychologie existentielle – Irvin Yalom)
    Si on pense qu’on est spécial à cause de ce qu’on possède, on a toujours peur de le perdre. Mais si on sait qu’on est spécial juste en étant nous-même, personne ne peut nous l’enlever.
  4. « La qualité émerge de l’attention concentrée, pas de la multiplication. »
    (Psychologie de l’attention – Mihaly Csikszentmihalyi)
    C’est mieux d’avoir une seule chose dont on s’occupe vraiment bien que cent choses qu’on néglige. Comme un meilleur ami versus cent connaissances.
  • MAINTENANT, REGARDONS TES PARTS

À propos de Silas qui collecte tout :

  • Y a-t-il une partie de toi qui veut toujours plus ?
    • A) Plus de jouets ou d’objets
    • B) Plus d’activités ou de sorties
    • C) Plus d’amis ou d’attention
    • D) Autre chose ?
  • Qu’est-ce que cette partie croit qu’il va se passer quand elle aura « assez » ?
    • Elle sera enfin heureuse ?
    • Les autres l’aimeront plus ?
    • Elle se sentira spéciale ?
  • Et y a-t-il une partie de toi qui est fatiguée d’accumuler ?
    • Qu’est-ce qu’elle aimerait faire à la place ?
    • De quoi a-t-elle vraiment besoin ?

À propos du miroir d’eau :

  • Si tu enlevais tout ce que tu as (en imagination), qui serais-tu ?
    • Est-ce que ça fait peur d’y penser ?
    • Quelle partie de toi a peur ?
    • Qu’est-ce qu’elle a peur de perdre vraiment ?
  • Si tu pouvais parler à la partie qui a besoin d’avoir plein de choses, que lui dirais-tu ?
    • « Tu es déjà assez… »
    • « Je t’aime même sans rien… »
    • Qu’est-ce qu’elle répondrait ?

À propos de la graine unique :

  • Y a-t-il quelque chose dans ta vie que tu aimerais être ton « arbre unique » ?
    • Une passion, un projet, une amitié ?
    • Qu’est-ce qui t’empêche de lui donner toute ton attention ?
    • Une partie de toi a peur de choisir ?
  • Ces différentes parties peuvent-elles discuter ?
    • La collectionneuse dit : « … »
    • La minimaliste dit : « … »
    • La sage dit : « … »
  • EXERCICES PRATIQUES
  1. Le Tri du Trésor (exercice créatif)
    Dans ta chambre, choisis 10 objets. Pour chacun, demande-toi :
  • Est-ce que je l’utilise ?
  • Est-ce qu’il me rend heureux(se) ?
  • Est-ce que je m’en souviens avant de le voir ? Garde seulement ceux qui ont 2 « oui » sur 3. Les autres, tu peux les donner ou les ranger ailleurs.
  1. Le Journal de Suffisance (exercice observation)
    Chaque soir cette semaine, écris ou dessine :
  • Une chose que tu as déjà et qui te suffit
  • Un moment où tu as eu « juste assez » de quelque chose
  • Comment tu te sens quand tu as « exactement ce qu’il faut »
  1. La Respiration de la Graine (exercice corporel)
    Assieds-toi confortablement et imagine que tu es une graine :
  • Inspire : tu absorbes juste assez d’eau
  • Retiens 2 secondes : tu gardes ce dont tu as besoin
  • Expire : tu laisses partir le surplus
  • Fais ça 5 fois Sens comme c’est agréable d’avoir « juste assez » d’air !
  1. Le Dialogue du Plus et du Assez (exercice dialogue)
    Avec quelqu’un ou dans ta tête :
  • Laisse parler la partie qui veut « plus » (2 minutes)
  • Laisse répondre la partie qui dit « c’est assez » (2 minutes)
  • Trouve ensemble un compromis : « Plus de quoi vraiment ? Assez de quoi déjà ? »
  1. La Plante Suffisante (exercice expression)
    Plante vraiment une graine (haricot, lentille…) dans un pot. Occupe-toi SEULEMENT de cette plante pendant un mois. Dessine ou écris chaque semaine comment elle grandit. Découvre la joie de voir UNE chose s’épanouir grâce à ton attention complète.